lundi 9 février 2026

Moi, Tonya : le film des JO d'Hiver


Cette année, les Jeux Olympiques d'Hiver ont lieu à Milan ! A l'occasion, zoom sur un film évoquant une sordide affaire qui a eu lieu à quelques semaines d'une précédente édition de l'événement... 
 

Biopic/comédie/drame, de Craig Gillespie & Steven Rogers. Avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan, Paul Walter Hauser, Julianne Nicholson, Mckenna Grace, Bojana Novakovic, Catherine Dyer...


En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d'avoir planifié et mis à exécution l'agression…

  

Un biopic au format plutôt original et très dynamique, et qui porte aussi un autre regard sur l'affaire Kerrigan vs Harding : en effet, les médias se sont empressés de créer l'histoire de la gentille contre la méchante, alors que c'était un peu plus compliqué que ça... J'ai aimé le fait que ce film humanise Tonya.

samedi 7 février 2026

Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Hiver de Milan-Cortina


La cérémonie d'ouverture a eu lieu le 6 février dernier en grandes pompes, avec des hommages à la culture & au patrimoine italiens, mais aussi des apparitions surprises de Maria Carey ou encore Charlize Theron ! 
 

vendredi 6 février 2026

Tournée d’avant-premières 'Hurlevent'


La sortie de la nouvelle version des Hauts de Hurlevent se rapproche, ce qui signifie que de nombreux événements promotionnels ont eu lieu les semaines précédant le 11 février ; et Margot Robbie, Charli xcx ou encore Jacob Elordi, ont choisi de faire du 'method dressing' en optant pour des looks plutôt gothiques et vintages...

28 janvier - avant-première mondiale à Los Angeles


2 février - avant-première à Paris


5 février - avant-première à Londres

jeudi 5 février 2026

Kristen Stewart à la rescousse d'un cinéma centenaire


Kristen Stewart vient une nouvelle fois de démontrer qu'elle est l'une des personnalités les plus cool et les plus passionnées de Hollywood : l'actrice et réalisatrice vient en effet d'acheter un cinéma laissé à l'abandon, dans le but de le rénover et de lui donner une nouvelle vie, tel que révélé au magazine Architectural Design...

“Faire des films est un acte politique : c'est à vous de décider comment manifester votre présence et votre voix. [...] Ce chemin étroit qui a été dessiné, doit être élargi, en faisant les choses différemment. On ne peut pas continuer à faire le même film encore et encore. Et on ne peut pas tourner le dos aux personnes qui sont dans le besoin.”

Ces jours-ci, KStew fait entendre sa voix au Highland Theatre, un cinéma datant de 1925, mais qui a fermé ses portes en 2024.
“Je n'avais pas conscience que je cherchais un cinéma, jusqu'à ce que cet endroit attire mon attention. A partir de là, c'est comme s'il y avait eu un coup de feu, et qu'une course avait commencé. J'ai courru vers la ligne d'arrivée avec tout ce que j'avais. Je suis fascinée par les vieux cinémas. Je veux toujours voir quels sont leurs mystères.”
Pour le Highland, KStew ne veut pas seulement le restaurer, mais aussi recréer une communauté :
“C'est l'opportunité de créer un espace, pour se rassembler, pour réfléchir et rêver ensemble. Ce projet, c'est créer une nouvelle école, un nouvau procédé, trouver un meilleur moyen. On veut en faire une affaire familiale, quelque chos pour la communauté. Pas juste un endroit pour les cinéphiles prétentieux. Je vois ça comme l'antidote pour toutes ces conneries corporate, un endroit qui place la culture cinématographique au-delà des ventes et des achats. Je pense qu'il y a un grand désir pour ce que ce genre d'espace peut offrir. Il y a tellement de magnifiques détails [du bâtiment] qui doivent être réparés. Je pense qu'il y a une façon de ramener cet édifice à la vie d'une façon à honorer son histoire, mais aussi en apportant quelque chose d nouveau au voisinnage et à la communauté de Los Angeles. C'est le but, de nouvelles idées.”

Ce projet n'est pas la seule activité de philanthrope de l'actrice et réalisatrice : elle est engagé depuis plusieurs années avec le Downtown Women's Center, un organisme fondé en 1978, qui fut le premier aux Etats-Unis à proposer du soutien aux femmes sans abris - une mission qui s'est étendue aujourd'hui avec une clinique de santé et un centre d'accueil de jour, permettant aux femmes de recevoir trois repas par jour, d'accèder à des douches, aux sanitaires, au courrier, de faire leurs lessives et de téléphoner :
“LA se noit dans ses contradictions en réaction aux sans abris. Il doit y avoir un moyen de trouver une approche plus douce et emphatique pour sortir ces personnes de la rue. Je voulais m'aligner avec une organisation et des gens qui font ce travail depuis des décennies.”

mercredi 4 février 2026

Fallout : survivre à l'apocalypse nucléaire


Les adaptations de jeux vidéos ont encore de beaux jours devant elles : certaines ont connu un échec cuisant, mais d'autres ont connu un incroyable succès. Dans cette catégorie, on retrouve Fallout, sur Amazon Prime...


Aventure/action/science-fiction. Créée par Geneva Robertson-Dworet & Graham Wagner ; avec Ella Purnell, Aaron Moten, Walton Goggins, Moises Arias, Frances Turner, Kyle MacLachlan, Johnny Pemberton, Leslie Uggams, Annabel O'Hagan, Leer Leary, Rodrigo Luzzi, Sarita Choudhury, Michael Cristofer, Zach Cherry, Amir Carr, Xelia Mendes-Jones, Michael Esper...

  

SAISON 1 (2024)

Une terrible catastrophe nucléaire contraint les survivants "privilégiés" à se réfugier dans des Vaults, des bunkers anti-atomiques construits pour préserver l'humanité en cas d'apocalypse. 200 ans plus tard, une jeune femme quitte l'Abri 33 et s'aventure à la surface, à la recherche de son père, dans un monde dévasté et violent. 


SAISON 2 (2025 - 2026)

La Goule et Lucy sont sur les traces du père de cette dernière tandis que Maximus replonge dans les affaires à la Confrérie de l'Acier.

  

Une autre série que j'ai découvert tardivement, cependant juste à temps pour pouvoir suivre le final de la saison 2 en même temps que tout le monde ! Et c'est un succès mérité selon moi, pour commencer ce qui m'a impressionnée dès le premier épisode ce sont les décors, je ne sais pas ce qui est 'pratique' et ce qui est fait par effets spéciaux, mais c'est vraiment dingue l'ampleur et les détails - notamment la superétte dévastée où Cooper essaye de vendre Lucy. Ensuite le cast, Walton Goggins est vraiment impressionant, à jouer son personnage dans le passé, tout le contraire du personnage qu'il joue dans le 'présent', cynique, cruel et désabusé. Enorme coup de coeur pour Ella Purnell et son interprétation de Lucy, cette éternelle optimiste qui connait une sacré évolution, tout en tentant de continuer à s'accrocher à la 'règle d'or'. Pour ce qui est du plot, on va de surprise en surprises, notamment à la fin de la saison 2. Bref, une très bonne série, et j'ai très hâte de découvrir la saison 3, elle ne pourra pas arriver assez vite !

mardi 3 février 2026

Jessie Buckley photographiée pour Entertainment Weekly pour la promo de 'The Bride !'


Seulement quelques mois après la sortie de la version très poétique de Frankenstein par Guillermo Del Toro, c'est au tour de Maggie Gyllenhaal de livrer sa version du 'monstre', plutôt punk et plus spécialement en se focalisant sur la Fiancée de ce dernier, incarnée par Jessie Buckley, récemment récompensée aux Golden Globes pour son émouvante performance dans Hamnet - et l'une des favorites pour l'Oscar de la meilleure actrice. Le rôle de la fiancée de Frankenstein était certainement bien plus 'physique' que celui de l'épouse de Shakespeare :

"Chaque opportunité de [se contorsionner] comme ça est chouette. En tant que femme, surtout post-partum [elle a donné naissance à son premier enfant, une fille, il y a 6 mois], je veux faire plus de choses comme ça. Le corps féminin est tellement expressif, et ce n'est pas juste être objectifiée, être désirable. C'est plus expansif, plus sauvage, plus curieux. J'ai eu cette expérience avec The Bride ! et Hamnet, je ne veux rien d'autre pour le moment."

Cette version de Frankenstein introduit un 'twist' audacieux sur la créature (Frank, incarné par Christian Bale, habitué des transformations physiques) se recherchant une compagne : "Les gens pensent le connaître, mais ils ne le connaissent pas," affirme Bale, qui retrouve Gyllenhaal 20 ans après The Dark Knight. Il explique ce film, qui se déroule dans les années 30 et plutôt une sombre histoire d'amour qu'un film d'horreur, ce qui n'a fait qu'ajouter de l'intérêt pour lui : "C'est un film téméraire, du vrai cinéma."


La version de la créature incarnée par Christian Bale s'appelle Frank, d'après son 'père'. Gyllenhaal se doute que ce changement va énerver les puristes du livre, de même que d'autres choix qu'elle a fait dans sa version : "Les gens me reprochent de ne pas l'avoir nommé ' le monstre de Frankenstein,' mais jamais il ne s'auto nommerait comme ça ! Ce n'est pas totalement invraisemblable de dire que Frankenstein est le nom de son père. Pour moi, c'est triste qu'il appelle le Dr. Frankenstein son père, mais n'est-ce pas quelque chose de très humain et réel ?"

A la recherche désespérée de contacts humains après un siècle d'isolement, Frank se rend à Chicago pour demander à la savante folle le Dr. Euphronious (Annette Bening) de lui créer une compagne non-morte. "Je l'ai imaginé dans les bois, se planter un couteau dans la tête, pleurer toutes les larmes de son corps, et il veut juste quelqu'un qui s'assiérait à côté de lui," raconte Bale.

Dr. Euphronious accepte la requête de Frank, parce que "il l'émeut," dit Bening. "C'est un rêve devenu réalité pour n'importe quel scientifique, de le voir apparaître à sa porte." Frank et Dr. Euphronious déterrent le cadavre d'une femme pour créer quelque chose de plus significatif que l'expérience échouée et silencieuse qui n'apparaît que 3 minutes à la fin du film original 'La Fiancée de Frankenstein'. Alors que cette nouvelle Fiancée s'éveille à la vie, sa passion, sa curiosité et sa désinhibition captivent Frank.


"Ce qu'il obtient, c'est de l'électricité pure, en mission pour Dieu, et cela décrit bien Jessie aussi," se souvient Bale. "Il pensait qu'il était en vie, mais après l'avoir rencontrée, il réalise qu'il ne faisait que respirer."

Alors que les deux monstres auto proclamés s'éprennent l'un de l'autre, ils s'embarquent dans une traînée de crimes qui choqueraient même Bonnie & Clyde, et débutent une révolution culturelle en combattant les injustices vécues par les femmes. Qualifier leur romance de violente et sauvage serait un euphémisme, et Buckley et Bale ont fait en sorte d'apporter cette énergie sur le plateau.

"On était tous les deux très intenses," se rappelle Buckley en riant. "Nous étions deux limiers relâchés de leur cachots, et c'était très excitant. C'était probablement le tournage le plus intense et épuisant de ma vie, mais c'était tellement drôle."

Bien qu'Hamnet soit sorti avant The Bride !, c'est ce dernier que Buckley avait tourné en premier : deux semaines après la fin de la production, elle se pointait sur le plateau du drame historique de Chloé Zhao, ses sourcils encore déteints en blond. Pour ceux qui ont déjà vu Hamnet et pensaient que c'était le meilleur rôle de l'actrice, vous n'avez encore rien vu, car elle triple cela dans The Bride !, se perdant dans les trois rôles qu'elle y incarne : Mary Shelley, l'autrice de Frankenstein ou le Prométhée Moderne, parlant d'outre tombe ; Ida, une jeune femme assassinée par des gangsters ; et son cadavre réanimé, amnésique et recouvert de tâches noires, qui s'auto nomme la Fiancée. 


Buckley s'est sentie intimidée à l'idée de jouer trois rôles, chacun avec un accent différent, une personnalité différente, et un physique différent. Et pourtant, elle a impressionnée Bale par la facilité avec laquelle elle semblait procéder : "Vous le voyez quand quelqu'un devient sérieux. Ce qu'elle fait est très sérieux, et de bien des façons sacré, mais aussi ridicule, hilarant, brut, profane. C'est tout ce que vous voulez chez un conteur d'histoire."

Méconnaissable dans chacun des trois rôles, il est dur d'imaginer une autre actrice pour les interpréter. En fait, Buckley a toujours été le premier choix de Gyllenhaal pour jouer dans The Bride!, après qu'elles se soient rencontrées pendant le tournage de The Lost Daughter. Mais quand elles se sont retrouvées à Paris pour un dîner alors que Gyllenhaal débutait l'écriture de The Bride!, la cinéaste n'était pas encore prête à dévoiler ce secret à Buckley.

"J'ai vraiment essayé de ne pas écrire pour elle," explique Gyllenhaal. "J'ai déjà vécu cette expérience, ou en tant qu'actrice, on m'a dit 'j'écris pour toi' et au final c'est quelqu'un d'autre qui a eu ce rôle. Et je me suis dit, 'Qui sait ? Et si au final la Fiancée a 75 ans, ou autre chose du genre ? Je ne peux pas lui en parler.'" Cela étant dit, il n'a pas fallu longtemps pour que Gyllenhaal ignore sa propre règle. "On a beaucoup bu ; et puis je lui ai dit, 'Je travaille sur quelque chose, tu voudrais le lire ?' On a lu la scène d'introduction, qui était à ce stade similaire à ce qu'elle est dans le film."


Buckley se souvient avoir été captivée par cette première scène, qui mets en scène Mary Schelley et la femme qui deviendra la Fiancée, encore plus quand Gyllenhaal lui a enfin envoyé la version complète du scénario environ un an plus tard : "C'était extraordinaire. C'était littéralement comme quelque chose d'électrique dans mes mains. Je n'avais aucune idée de comment faire ça, ce qui est un départ très excitant pour vouloir faire quelque chose. Vous ne pouvez pas vous empêcher d'être terrifié."

Gyllenhaal voulait que Buckley soit sa star, et Buckley était partante pour le challenge. Une affaire conclue, n'est-ce pas ? Mais comme la croisade de la Fiancée pour les femmes dans le besoin, Gyllenhaal a dû batailler contre les studios. (Gyllenhaal ne donne pas de noms, mais révèle qu'elle avait au départ développé ce film pour Netflix, et que la Warner Bros "était 100% de mon côté pour avoir Jessie, dès le début.")

"Il a fallut qu'elle convainque les producteurs que ce n'était pas grave si je n'avais pas de compte instagram, qu'elle ne voulait que moi dans ce rôle," se souvient Buckley. "Et je suis tellement, tellement reconnaissante. C'est vrai que ce serait plus facile si j'avais 1 millions de followers sur Instagram. Mais je ne crois pas que ça fonctionne. En fin de compte, vous voulez que votre histoire prenne vie, et peu importe ce que veut le réalisateur ou scénariste pour donner vie à cette histoire, c'est son choix."


Buckley sourit en admettant que : "Je vais sûrement avoir des ennuis pour dire ça. Peut-être qu'il y a eu un moment où cela avait du poids, mais je ne crois plus que ce soit très important maintenant. Vous prenez des gens comme Paul Thomas Anderson, Martin Scorsese, Maggie Gyllenhaal, Chloé Zhao, Denis Villeneuve, ils font leurs films, comme ils veulent. Je pense qu'ils ne pourraient pas faire les films qu'ils ont en tête si ils choisissaient un ingrédient comme 'combien de followers cette personne a sur Instagram' plutôt que quelle couleur ils veulent utiliser."

Gyllenhaal était plus que prête à partir en guerre contre la machine de l'industrie pour s'assurer que ce soit Buckley qui obtienne le rôle. "J'ai été actrice pendant des années, et j'étais genre, je vais me battre pour cette fille. Qui d'autre pour l'incarner ? Quand d'autres ont fait ça pour moi, ça a changé ma vie, alors je fais ça aussi maintenant. Ca a marché, et maintenant elle va gagner un Oscar, alors je me sens très satisfaite."

"[Le film de 1935] s'appelle La Fiancée de Frankenstein, mais elle n'y a pas vraiment de rôle. C'est juste une suite à Frankenstein, et elle n'a aucune réplique. Mais sans aucun mot, quand elle se réveille, elle le rejette, elle lui dit non. Ce n'est pas très habituel maintenant, et à l'époque cela l'était encore moins." Gyllenhaal trouvait que la Fiancée n'avait pas l'opportunité d'explorer son identité et son libre arbitre avant d'être détruite dans ce film ; elle a donc décidé de raconter une histoire qui ferait l'inverse. 


Sa Fiancée est en vie pendant la majorité du film, c'est aussi le personnage principal, elle parle et parle sans filtre, elle n'est pas restreinte par les normes de la société, et surtout, est encouragée par l'esprit de Marry Shelley à parler au nom de toutes les femmes, mortes ou vivres. "C'est quelqu'un qui a tant à dire, mais qu'on faisait taire sans cesse," explique Gyllenhaal. "Que se passe-t-il si vous pressez votre main dans un geyser ? Quand il explose enfin, ce sera avec trois fois plus d'énergie, et c'est ce qu'il se passe avec elle."

Pour le moment, les détails de l'histoire, sur la raison pour laquelle Ida a été assassinée, sont top secrets ; mais ce mystère guide la Fiancée et Frank pendant une grande partie du film. "C'est une âme qui a été ressuscitée et qui a une deuxième chance," songe Bale de la Fiancée. "Et qui rattrape ce temps perdu avec créativité, destruction, amour, violence, intelligence, stupidité, et en cramant tout sur son passage."

Bien que Buckley ait adoré se voir ainsi, la Fiancée et Frank ont des sentiments plus compliqués envers leur nature monstrueuse. L'insécurité de Frank envers son inhumanité est ce qui l'a conduit à s'isoler si longtemps avant de demander au Dr. Euphronious de lui créer une compagne aussi monstrueuse que lui ; la Fiancée apprends à se voir comme un monstre après qu'une soirée dans une discothèque se termine dans la violence, forçant le couple à prendre la fuite, et mettant un détective (interprété par l'époux de Gyllenhaal, Peter Sarsgaard) et sa brillante secrétaire dépressive (Penélope Cruz) sur leur trace. 


"Ce que j'avais en tête à l'époque, c'était l'idée de cette monstruosité, celle à l'extérieur et à l'intérieur de nous," détaille Gyllenhaal. "Je pense que nous avons tous des aspects de nous mêmes qui sont monstrueux, pas simplement sombres, mais vraiment dérangés, et que c'est tellement effrayant que vous passez votre vie à les fuir. Mais si vous vous retournez et les regardez, que vous leur serrez la main, que se passe-t-il ? C'est assez universel, et je pense que c'est une chose à laquelle beaucoup de gens pensent en ce moment."

"Je pense que les gens ont besoin d'un exutoire pour leur rage," acquiesce Sarsgaard. "C'est un film intéressant à aller voir pour un premier rendez-vous, non ? Un genre de test. Il inspirera certains à dévoiler leur partie sauvage et à danser dans une fontaine en sous-vêtements, toute la nuit." Bien que Frank et la Fiancée soient littéralement des monstres dans le sens où ils ont été ramenés d'entre les morts, le film explore ce thème également au sens figuré. "Ils sont des monstres d'une façon dont nous ne pourrions pas l'être," explique Bale. "Et c'est un amour également violent."

Gyllenhaal dévoile que "il y a des personnages qui sont bien plus monstrueux et qui sont pourtant humains, et qui n'ont pas été ramenés d'entre les morts. Cet aspect du monstrueux m'intéresse plus que... enfin bon, je suis aussi très intéressée de voir des gens se faire mordre la langue ou écraser leur tête contre un mur."

Ce ne serait pas une adaptation de Frankenstein s'il n'y avait pas de violence, après tout. Et voilà pourquoi The Bride ! est déconseillé aux moins de 16 ans : Frank a beau essayer de réprimer sa nature violente, il ne restera pas sans rien faire si d'autres essayent de faire du mal à sa Fiancée, et beaucoup d'hommes essayent. Mais la Fiancée sait se défendre. Buckley dit que son personnage veut seulement vivre après avoir été ramenée d'entre les morts, mais qu'elle est forcée de se défendre quand elle est menacée. Et elle ne tarde pas à en faire de même pour les autres femmes qui ont souffert avant elle. 


Aborder cet aspect en particulier de l'histoire est ce qui effrayait Buckley le plus, parce qu'elle y voyait une responsabilité plus grande qu'elle : "Il y a une nature insidieuse dans un système qui perpétue sa violence non seulement envers les femmes, mais aussi tout le monde, et qui en plus s'en sortent sans conséquences. Elle créé une révolution contre ce système qui échappe aux conséquences. Ca nomme les choses. Vous pouvez le voir dans mon corps, l'authenticité de ce message me faisait frissonner."

Après que le premier rendez-vous de Frank et de la Fiancée passe de la lune de miel à l'enfer, ils s'embarquent dans un road trip de terreur, laissant des cadavres derrière eux. Mais vous vous rendrez compte que vous êtes du côté de Frank et de la Fiancée en dépit de leur carnage, à cause de ce qui les a poussé à recourir à la violence.

"La plupart d'entre nous ont déjà ressenti une rage dévastatrice," dit Gyllenhaal. "La violence m'intéresse, comme vous pouvez le voir dans le film. Je suis parfois surprise par les réactions : des gens disent, 'ça fait beaucoup.' C'est pareil avec la violence sexuelle. J'avais le sentiment que les scènes de violences sexuelles devaient être brutales, réelles, parce que si vous l'ignorez, ça n'a pas l'air d'être la brutalité que c'est en réalité. Et cette tâche m'a prise aussi."


Mais la cinéaste promet qu'aucune des scènes de violence sexuelle n'est inconsidérée ou gratuite : "J'assume l'entière responsabilité de mon interprétation de ces scènes. Et je pense que c'est faire honneur aux personnes qui ont vécu ce genre de choses de montrer combien c'est horrible, brutal, énorme et difficile à regarder. C'est mon interprétation, et ce serait peut-être différent si un homme avait fait ce film."

L'interprétation de Gyllenhaal ne pourrait pas être plus différente que celle de Guillermo Del Torro ; quand elle a débuté l'écriture, elle savait que le réalisateur mexicain était également en train de développer sa version. Pourtant, elle n'a jamais considéré cela comme de la compétition : "N'est-ce pas trop cool que Guillermo del Toro et moi, sans nous être parlés, au même moment, ayons pensé à la même chose ? Et d'une façon différente. Quand on était tous les deux chez Netflix, je m'étais, pourquoi faire une double sortie ? J'imaginais être diffusée à 22h, après son 20h, mais ce n'était pas un problème pour moi."

Et en plus, contrairement à la version de Del Torro, il y a des numéros musicaux dans The Bride ! Mais la réalisatrice précise que "ce n'est pas une comédie musicale." Pourtant, il y a des séquences musicales à gros budget. Lors de ses années d'isolement, Frank est devenu obsédé par les comédies musicales : assis dans des salles obscures, c'était le seul moment où il se sentait en sécurité en présence d'autres personnes, puisqu'ils ne pouvaient pas voir son visage. Par conséquent, il a développé une relation parasociale avec une start très glamour.

Pour le rôle de l'idole d'Hollywood Ronnie Reed, l'object de l'obsession de Frank, Gyllenhaal a toujours voulu demander à son frère Jake de se remettre en forme sur ses talents de chants et de danse. Mais elle a longtemps attendu avant d'en parler avec lui, souhaitant s'assurer que c'était le "bon truc" pour leur relation fraternelle. "Quand j'ai réalisé que c'était le cas, c'était génial," se souvient la réalisatrice & scénariste. "Il est un chanteur très talentueux, j'adore l'écouter chanter. Si vous restez assis jusqu'à la fin du générique de fin, vous entendrez une de ses chansons. C'était une connexion tellement vivante, de travailler avec lui."


Ronnie n'est pas le seul à pousser la chansonnette : Frank danse et chante dans plusieurs scènes, lui aussi. Mais cette fois, avec quelqu'un qui l'aime en retour. "Vous pouvez vous humilier d'un merveilleuse façon," raconte Bale du tournage des séquences musicales avec Buckley et Jake. "J'adore m'humilier, et c'était fantastiquement épuisant, mais d'une façon très joyeuse et extatique."

Bale et Buckley ont passé un mois avant le début du tournage avec un chorégraphe pour se préparer aux scènes de danse, Buckley décrivant ces dernières comme "lady Gaga fait des claquettes. Pour notre tout premier jour de tournage, c'était une énorme séquence de claquettes qui a duré sept heures," rit-elle. "C'était si sauvage et drôle. Genre, 'Okay, je crois qu'on a commencé !' On aurait dit courir un marathon. Au moins deux fois par semaine, je devais aller me faire masser, parce que j'avais mal de partout."

Pour une des danses en particulier (qu'on peut apercevoir dans la bande-annonce), c'était la plus ambitieuse du film, d'après Gyllenhaal, qui n'arrive pas à croire qu'elle a vraiment réussi ça. "J'avais 200 figurants qui dansaient - les trucs importants dont on a besoin pour raconter l'histoire [dans cette scène], il y a genre 150 d'entre eux. Ma liste avait 40 trucs à faire chaqu jour. Et à cause du maquillage de Christian - il fallait 6 heures pour que ce soit subtil et réel -, cela voulait dire qu'on termine bien plus tard chaque jour. On était tous épuisés et euphoriques en même temps. C'était une drôle de façon de travailler."


Ce qui a aidé Gyllenhaal à rendre les longues journées chaotiques et stressantes plus faciles, c'était la présence de toute sa famille sur le plateau. Non seulement son mari et son frère avaient des rôles importants, mais il y avait aussi ses filles, Ramona, 19 ans, et Gloria, 13 ans, qui ont fait des caméos. "Je me suis dit, si elles le veulent, mettons les dans le film !" rit la réalisatrice. "Et c'était le cas. J'adore qu'elles soient dedans. Ma plus petite, qui a 13 ans maintenant, elle avait 11 ans au moment du tournage, elle est à la barre à la fin. Et mon aînée, pendant très longtemps a fait de la danse à un très haut niveau, alors elle est avec les autres danseurs."

Sarsgaard a adoré voir leurs filles rejoindre la production : "Tout le monde était dans sa zone de comfort, et Maggie met tout le monde à l'aise," dit-il. "Jake qui fait ce qu'il fait dans le film, j'avais longtemps attendu qu'il le fasse. Bien sûr, Maggie avait fait Batman avec Christian, et ça fait 30 ans que je le connais. J'avais tourné 3 films avec Penelope avant, donc on aurait dit des retrouvailles, que tout le monde soit ensemble pour faire quelque chose de spécial."

Il fallait juste ignorer tous les hurlements sur le plateau. Ou mieux encore, y prendre part. Comme il fallait tant de temps à Bale pour se transformer en Frank tous les jours (tandis que la coiffure et maquillage de Buckley ne nécessitaient qu'une heure et demie), il a trouvé une façon unique et appropriée pour ne pas perdre l'esprit : "Chaque jour, je hurlais comme un fou," révèle-t-il. "Seulement pour faire sortir tout le désespoir, toute la frustration que vous devez garder quand vous êtes assis aussi longtemps sans devoir bouger.... Je ne voulais pas le faire sur le chemin, parce que j'avais peur de provoquer un accident de voiture. Et je ne voulais pas le faire tout seul, parce que j'avais peur que tout le monde pense que je perdais la tête."

Bale a encouragé son équipe maquillage et cheveux à libérer leur cri le plus guttural avec lui tous les jours, ce qu'il décrit comme "une grande expérience de partage." Très bientôt, leur groupe s'agrandit. "Oh bon sang, je vous dis, toute l'équipe le faisait avec nous à la fin, parce que les gens nous entendaient hurler. On ouvrait les portes, et petit à petit, comme avec la révolution de la Fiancée, les gens nous demandaient 'on peut le faire avec vous ?' Et au final, il y avait 30 personnes qui nous entendaient hurler qui courraient nous rejoindre à la caravane de maquillage pour hurler avec nous."

lundi 2 février 2026

Le retour de Brendan Fraser


Après avoir été une star des films d'actions et comédies grâce à La Momie et Georges de la Jungle, Brendan Fraser a traversé plusieurs années très difficiles, mais à présent, le plus dur semble derrière lui, et l'acteur brille à nouveau à l'écran, avec même une victoire aux Oscars. Zoom sur deux performances qui réaffirment que l'acteur est là pour durer.


THE WHALE (2022)

Drame, de Darren Aronofsky & Samuel D. Hunter. Avec aussi Sadie Sink, Ty Simpkins, Hong Chau, Samantha Morton, Sathya Sridharan, Jacey Sink, Wilhelm Schalaudek...

  

Charlie, professeur d'anglais reclus chez lui, tente de renouer avec sa fille adolescente pour une ultime chance de rédemption.

Un film en huit clos avec une performance principale très émouvante.


RENTAL FAMILY (2025)

Comédie/drame, de Mitsuyo Miyazaki & Stephen Blahut. Avec aussi Mari Yamamoto, Takehiro Hira, Akira Emoto...

  

Tokyo, de nos jours. Un acteur américain qui peine à trouver un sens à sa vie décroche un contrat pour le moins insolite : jouer le rôle de proches de substitution pour de parfaits inconnus, en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ». En s’immisçant dans l’intimité de ses clients, il commence à tisser d’authentiques relations qui brouillent peu à peu les frontières entre son travail et la réalité. Confronté aux complexités morales de sa mission, il redécouvre progressivement un but, un sentiment d'appartenance et la beauté sereine des relations humaines…

Avis à venir.