mercredi 27 mai 2026

3 décennies avant Trump, une romancière prédisait la terrifiante bascule autoritaire des Etats-Unis...


***Gros avertissement de contenu : enlèvement d'enfants, scènes de viols et de tortures.***

En 1985, Margaret Atwood publie un roman choc, imaginant une dystopie qui a fini par devenir réalité...

LA SERVANTE ECARLATE

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Galaad, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, servante écarlate parmi d'autres à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de sa femme. Le soir, dans sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau clandestin, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.


Ce roman coup de poing et brutal, a connu deux adaptations : un film, sorti en 1990, que je n'ai pas trop aimé, et ensuite d'une série...


Créée par Bruce Miller, 6 saisons, diffusées de 2017 à 2025 sur Hulu et OCS en France. Avec Elisabeth Moss, Yvonne Strahovski, Ann Dowd, Madeline Brewer, O-T Fagbenle, Max Minghella, Samira Wiley, Amanda Brugel, Joseph Fiennes, Bradley Whitford, Nina Kiri, Ever Carradine, Sam Jaeger, Bahia Watson, Alexis Bledel, Stephen Kunken, Jonathan Watton, Jordana Blake...


Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l'entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

  

J'ai revu cette série après avoir laissé tomber au début de la saison 6, frustrée par le lent avancement de l'intrigue. Pourtant, lors de mon revisionnage, je n'ai pas vraiment été gênée par ce que je considérais être comme des 'fillers' épisodes, au contraire. Et en voyant l'état du monde actuel, malheureusement je me rends bien compte que de faire tomber un régime dictatorial prends du temps, contrairement à ce qu'on voit dans les séries Young Adult. J'ai donc revu les 6 saisons en 1 semaine, et certains épisodes m'ont laissée aussi secouée que lors du premier visionnage - le violeur battu à mort dans le premier épisode, Emily mutilée à cause de son homosexualité, June violée à 9 mois de grossesse... - et d'autres m'ont laissée en larmes parce qu'ils étaient bien trop 'réels' - l'équipe d'aide humanitaire quittant Chicago qui vient d'être bombardé tandis que les civils laissés derrière supplient et demandent de l'aide, m'ont horriblement rappeller les images qu'on voit sortir de Palestine. J'ai un peu plus apprécié les flashbacks que la première fois, déjà pour comprendre l'avénement de Gilead, mais aussi car ils donnent un peu plus de profondeurs aux relations de June d'avant - je me suis surprise à beaucoup plus apprécier Luke, pour lequel j'étais assez indifférente au départ. J'ai aimé aussi revoir la série pour voir si mon avis sur les personnages avaient changé : Serena Joy et le commandant Lawrence sont délicieusement complexes, la première sur ce lent cheminement vers la rédemption, tandis que le second est dès le départ dévoré par la culpabilité de la création de Gilead, mais qu'il continue à soutenir et alimenter ce système. Pour ce qui est de Nick, je l'avais trouvé problématique dès le départ - il s'est battu du côté des Fils de Jacob qui ont provoqué la chute des Etats-Unis ; il a horriblement traité Eden ; il n'agissait que dans ses intérêts et n'a jamais manifesté de remords - pour moi il a eu ce qu'il méritait à la fin, il a toujours été un nazi. Quant à June, notre protagoniste, il lui arrive d'être égoïste, impulsive, voir même cruelle et abusive - reproduisant ce qu'on lui a fait à elle... - faisant d'elle une antihéroïne magnifiquement écrite - après tout, comment sortir indemne après tout ce qu'elle a enduré ? Moi même, je ne suis pas certaine que j'aurais continué à me battre si j'avais subi tout ce qu'il lui est arrivé. Même si le visionnage de cette série est souvent très éprouvant, il y a aussi des moments très cathartiques, notamment la mission 'Mayday' du final de la saison 3, et toutes celles et ceux qui parviennent à quitter Gilead. Bien entendu, le final de la série ne résout pas tout - Les Testaments le fera - mais pour moi est réaliste, et conclut l'histoire de June plutôt bien. J'ajouterais aussi, que visuellement la série est magnifique, la photographie est sublime, et la musique éléve très très souvent les scènes et contribue aux larmes que j'ai versé.


Plusieurs années plus tard, l'autrice s'est atelée à l'écriture d'une suite, publiée en 2020...

LES TESTAMENTS

Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l’intérieur. À cet instant crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives. Deux d’entre elles ont grandi de part et d’autre de la frontière : l’une à Galaad, comme la fille privilégiée d’un Commandant de haut rang, et l’autre au Canada, où elle participe à des manifestations contre Galaad tout en suivant sur le petit écran les horreurs dont le régime se rend coupable. Aux voix de ces deux jeunes femmes appartenant à la première génération à avoir grandi sous cet ordre nouveau se mêle une troisième, celle d’un des bourreaux du régime, dont le pouvoir repose sur les secrets qu’elle a recueillis sans scrupules pour un usage impitoyable. Et ce sont ces secrets depuis longtemps enfouis qui vont réunir ces trois femmes, forçant chacune à s’accepter et à accepter de défendre ses convictions profondes.


Cette suite a été confirmée pour être adaptée en série très peu de temps après sa sortie : une partie de l'équipe de La Servante Ecarlate revient derrière la caméra, avec le showrunner Bruce Miller et l'actrice Elisabeth Moss, à présent productrice exécutrice de ce nouveau chapitre mettant en scène une nouvelle génération vivant à Gilead.


Créée par Bruce Miller, diffusion de la saison 1 en 2026 sur Hulu et Disney + en France. Avec Chase Infiniti, Lucy Halliday, Hattie Kragten, Zarrin Darnell-Martin, Blessing Adedijo, Ann Dowd, Brad Alexander, Eva Foote, Kira Guloien, Rowan Blanchard, Isolde Ardies, Amy Seimetz, Mattea Conforti, Fionn Laird, Birva Pandya, Kenzyn Hoffman, Kerri Smith, Monica Rodriguez Knox...

Agnes, pieuse et dévouée, et Daisy, une nouvelle venue, découvrent les règles impitoyables en vigueur. Toutes deux rejoignent la prestigieuse école de Tante Lydia, un établissement où l’obéissance est imposée de façon brutale au nom d’une soi-disant morale divine. Leur rencontre va bouleverser leur vie et devenir le moteur d’un profond changement, remettant en question leur passé, leur présent et leur avenir.

  

Par moment, j'ai eu un peu de mal avec l'aspect très 'young adult' de la série. Mais je pense que cela avait pour but de montrer la 'déradicalisation' de ces jeunes filles, qui au départ voient leur monde à travers des lunettes roses en forme de coeur, avant de peu à peu prendre conscience que certaines choses ne sont pas normales.

dimanche 24 mai 2026

Les temps forts du festival de Cannes [2/2]

 

JOUR 6 - 17 MAI : Garance

Adèle Exarchopoulos fait elle aussi un retour très remarqué sur la croisette, certains lui prédisant même de remporter une palme d'interprétation. En effet, pour interpréter dans ce film une alcoolique, l'actrice a poussé à fond ses recherches, rencontrant médecins et addicts pour rendre sa prestation aussi juste que possible.


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JOUR 6 - 17 MAI : Hope

Un casting de stars, Jung Ho Yeon, Taylor Russell, mais aussi Michael Fassnbender et Alicia Vikander, donnent vie à ce film de monstres et d'invasion extraterrestre, qui ravira à coup sûr les ans de science-fiction.


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JOUR 7 - 18 MAI : Fjord

A peine 1 an après le succès de Valeurs Sentimentales, Renate Reinsve est déjà de retour au festival, cette fois accompagné de Sebastian Stan, pour un thriller isolé en Norvège...


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JOUR 7 - 18 MAI : Her Private Hell

Le retour du réalisateur Nicolas Winding Refn 10 ans après The Neon Demon - et 3 ans après avoir frôlé la mort à cause d'une maladie cardiaque -, avec un thriller/horreur futuriste mettant en scène les jeunes actrices montantes Sophie Thatcher (Yellowjackets), Kristine Froseth (The Buccaners) et Havana Rose Liu (Bottoms).


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JOUR 8 - 19 MAI : Armaga Navidad

L'iconique duo Pedro Almodovar et Rossy de Palma étaient de retour sur la croisette, pour cette nouvelle comédie dramatique mettant en scène un réalisateur qui écrit un film sur une réalisatrice dont le parcours ressemble étrangement au sien, au point que fiction et réalité se mélangent.


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JOUR 9 - 20 MAI : La Bataille De Gaulle

La première partie du biopic consacré au général De Gaulle, héro de la résistance française pendant l'occupation des nazi lors de la seconde guerre mondiale, a été présenté au festival, alors que la partie 1 et 2 vont sortir dans les salles obscures dans les semaines à venir. On retrouve entre autre au casting Mathieu Kassovitz et Anamaria Vartolomei.


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JOUR 9 - 20 MAI : The Man I Love

Un nouveau biopic pour Rami Malek qui pourrait potentiellement lui ouvrir à nouveau quelques prix pour la saison des récompenses : il incarne l'acteur de théâtre Jimmy George, alors que ce dernier était gravement malade du SIDA dans les années 80, et survivait grâce à son art et à l'amour de son compagnon.


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JOUR 9 - 20 MAI : Roma Elastica

Deuxième film de Marion Cottillard présenté cette édition, avec aussi entre autre Noémie Merlant. Encore un film de la sélection suivant la vie d'actrice à bout de souffle !


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JOUR 10 - 21 MAI : La Bola Negra

Ce film suivant 3 personnages à 3 époques différentes en Espagne a reçu la 2e plus longue standing ovation de l'histoire du festival, avec près de 20 minutes d'applaudissements. Un bon signe pour la Palme d'Or ?


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JOUR 11 - 22 MAI : Histoires de la nuit

Monica Bellucci fait un retour triomphal sur la croisette après 7 ans d'absence, dans ce thriller qui donnera à coup sûr des nuits blanches, puisqu'il met en sène un scénario que tout le monde a déjà sûrement craint : imaginez des hommes qui rodent autour de votre maison et qui entre sans être invités...


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JOUR 11 - 22 MAI : L'objet du délit

Encore un film sur le cinéma/théâtre, avec un sujet bien d'actualité : des accusations sexuelles éclatent au sein d'une troupe en tournée pour Les Noces de Figaro, avec Daniel Auteuil, et d'autres têtes plus 'jeunes' mais qu'on commence à voir un peu ici et là au cinéma français, Eye Haïdara et Claire Chust.


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JOUR 12 - 23 MAI : Cérémonie de clôture

Eye Haïdara était la maîtresse de cérémonie, qui a vu plusieurs guests stars et une palme d'honneur pour Barbra Streissand - à distance. Incroyable, pour cette année, ce ne sont pas une, pas deux, mais trois récompenses qui sont partagées ! Performance masculine - Emmanuel Macchia & Valentin Campagne pour Coward -, performance féminine - Virginie Efira & Tao Okamoto pour Soudain -, et enfin mise en scène - Javier Ambrossi & Javier Calvó pour La Bola Negra et Pawel Pawlikowski pour Fatherland. Le Grand Prix du Jury est attribué à Minotaur d’Andreï Zviaguintsev, qui a profité de son passage sur scène pour s'adresser au président de la Russie et lui demander l'arrêt des combats en Ukraine. Quant à la Palme d'Or, c'est Fjord de Christian Mungjiu qui décroche le précieux sésame.


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